Pêches et Océans Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Comment faisons-nous notre travail?

Le SHC a canalisé ses connaissances approfondies et sa vaste expertise vers le développement de nouvelles technologies et procédures scientifiques – offrant de nos jours une large gamme de produits allant des images tridimensionnelles des fonds marins du Canada aux mises à jour en temps réel des niveaux de l’eau dans le Saint-Laurent.

Comment développons-nous nos cartes marines?

Nos avons parcouru un long chemin depuis l’utilisation de lignes de sonde – un poids attaché à un filin – pour connaître la profondeur des eaux. Cette méthode laborieuse, qui ne pouvait offrir de couverture continue du fond marin, a fait place aux échosondeurs qui mesurent les profondeurs en envoyant des ondes sonores qui sont réfléchies sur le fond marin. En mesurant la durée entre l’émission du son et l’enregistrement de son écho, les hydrographes peuvent calculer la distance jusqu’au fond marin.

Les levés effectués selon cette méthode suivent des lignes de sondage préétablies, scrupuleusement suivies par les navires hydrographiques. La complexité du fond marin détermine la distance séparant les lignes de sondage. Les eaux dangereuses doivent faire l’objet d’une couverture complète du fond.

Les hydrographes doivent connaître la position exacte du navire hydrographique pour chaque sondage, afin de pouvoir indiquer les profondeurs à leur position précise sur la carte marine. Dans le passé, le sextant était le principal outil utilisé pour déterminer la position d’un navire; cet outil servait à mesurer des angles. Le sextant a été remplacé par des outils plus modernes – ordinateurs, satellites, acoustique multifaisceau, cartes marines électroniques, etc.

Le système mondial de localisation (Global Positioning System – GPS) a constitué une percée dans le domaine du positionnement des navires, permettant d’atteindre une précision de 20 mètres dans 95 % des cas. Le GPS différentiel (DGPS) a même permis au SHC d’atteindre des niveaux de précision de trois mètres.

Outre les profondeurs, les hydrographes du SHC mesurent aussi les marées et d’autres changements des niveaux de l’eau. Le SHC a installé des marégraphes permanents le long des côtes du Canada et des principales voies navigables en vue de l’enregistrement de données sur les marées et sur les niveaux de l’eau. Deux des marégraphes installés le long de la côte Ouest font partie d’un réseau international d’alerte de tsunamis – de dangereuses vagues océaniques ou ondes de marée provoquées par des tremblements de terre ou par des éruptions du fond marin.

Les hydrographes du SHC peuvent également obtenir la position de chaque bouée, phare et autres aides à la navigation fixes ou flottantes, ainsi que la position d’entités naturelles ou anthropomorphiques que les navigateurs utilisent comme points de référence.

Après avoir terminé les levés, les hydrographes polyvalents du SHC combinent les mesures avec la ligne de rivage et d’autres données topographiques, les réduisant à l’échelle qui convient à la carte marine à produire. On sélectionne alors dans cette masse de données l’information essentielle pour une navigation sécuritaire afin de l’améliorer, avant de construire une carte marine du SHC en format papier et électronique.

La navigation à l’ère électronique

Grâce à l’ajout des cartes électroniques de navigation (CEN) et des cartes marines matricielles, le SHC a triplé le volume de sa gamme de produits conventionnels. Gravées sur CD-ROM, ces CEN fonctionnent avec des ordinateurs de bord et permettent une navigation depuis un écran d’ordinateur. Pionnier en la matière, le Canada dispose d’un des plus vastes portefeuilles de CEN au monde.

Les cartes marines électroniques ont l’avantage d’offrir plus d’information que leurs ancêtres en papier. Par exemple, elles peuvent donner des images multidimensionnelles de voies navigables, montrant la forme et la profondeur d’un lac ou d’un fond marin, ce qui offre d’autres perspectives. Avec un clic de souris, elles peuvent même afficher des caractéristiques à petite échelle comme la hauteur, la longueur, l’âge et le propriétaire d’un quai donné. 

En y combinant GPS, radar, cap du navire, vitesse et dérive dans un système de visualisation de cartes électroniques et d’information, la carte électronique de navigation devient partie intégrante d’un puissant dispositif qui permet au navigateur de connaître instantanément la position précise de son navire et d’être averti de tout danger éventuel. Des informations hydrographiques précises et livrées à temps sont devenues indispensables, étant donné les dimensions et les exigences des navires actuels.

« Voir » dans les océans (systèmes multifaisceaux)

Le Canada est un chef de file reconnu mondialement en matière de technologies de modélisation des systèmes multifaisceaux. La modélisation des océans et la télédétection offrent de l’information multidimensionnelle et en temps réel sur l’eau, le fond marin les conditions côtières et les berges dans des voies navigables comme celle du Saint-Laurent.

L’imagerie multifaisceau permet aux pêcheurs de visualiser le fond marin et de cibler certaines espèces. Ceci est important pour des raisons environnementales – par exemple, les pêcheurs de pétoncles peuvent réduire la zone qu’ils raclent pour déranger le moins possible le fond marin, puisqu’ils peuvent repérer les fonds dans lesquels il est le plus probable que se trouve l’espèce recherchée.

La capacité des systèmes multifaisceaux de produire une image « aérienne » du fond marin a abouti à une demande pour une cartographie multifaisceau en soutien à d’autres applications, comme la cartographie d’éventuelles zones de protection marines, de zones de pêches et du tracé de pipelines et de câbles.